Ce Beck, je l'ai découvert grâce à "feu-Gameplay RPG" (peu de gens comprendront cette formule mais c'est pas grave). La rubrique Animation de ce magazine me permis de parfaire ma culture , plutôt pauvre, dans le domaine du manga et des dessins animés nippon. Je tombe alors sur Beck. Il ne me fallut pas plus de quelques images montrant des jeunes japonais arborant des Gibson LesPaul et des Fender Telecaster pour que je me mette à la lecture de l'article. Les sous-titres reprenant des chansons bien connus de la scène Rock de tous les âges confortèrent mon envie d'en savoir plus, jusqu'à ce que je tombe sur la phrase "vous pouvez tout aussi bien vous jeter sur les mangas sans craintes". Malheureusement, là où j'étais quand j'ai lu cet article, aucune boutique de manga ne s'était implantée. Une fois revenu sur sa terre natale, la première sortie en ville me permettra d'entamer les négociations. Celles-ci n'ont pas duré longtemps.
Quelle idée audacieuse que de réaliser un manga sur le Rock ! Harold Sakuichi a en effet superbement bien joué son coup : qu'on aime un tant soit peu le Rock des années 60 à nos jours, on trouve chaussure à son pied (ou plutôt : on trouve guitare à sa mélodie) dans ce petit bijoux de manga.
Si le scénario est on ne peut plus simple, c'est tout le décor, l'ambiance rock assimilée à la culture japonaise qui séduit (me séduit).
Au dos de chaque tome est écrit : "le premier manga rock à lire et à écouter à fond !". Il est effectivement tout bonnement impensable de ne pas lire les 9 tomes parus chez Delcourt (le 10ème arrivera en février) avec un fond musical adéquat. Les 50 premières pages du premier volume avalée, lorsqu'on voit les piles d'albums d'un des personnages principaux, difficile de résister à l'envie pressante de se mettre Californication des Red Hot, Are You Experienced de Jimi Hendrix ou encore Abbey Road des Beatles. Les enceintes devront faire tourner la plupart des groupes et artistes que j'ai cité à la fin de mon dernier article.
Mais avant de connaître tout ça, Yukio Tanaka n'était qu'un ptit gars de 14-15 ans à l'existence morne et sans grand intérêt. Cet ancien gosse à problème ne s'est toujours pas trouvé un but et ne fait que suivre les agissements de gamins pervers se cachant derrière les bosquets de la piscine non couverte la plus proche... Koyuki (son surnom pour les intimes) n'a définitivement aucun but dans la vie et pire que tout, sa seule culture musicale se limite et une idole japonaise de mes deux : Chiemi Kuniyoshi. La terre tourne sans lui... Jusqu'à sa rencontre avec un mec qui n'a pas l'air très fréquentable, à l'apparence de voyou, promenant un « chien ». Le quadrupède se dénomme Beck et a été rafistolé de part en part avec des parties de corps d'autres clébards lui donnant l'apparence d'un Frankenstein canin. De quoi rajouté à l'insolite de la scène ! Son maître se dénomme Ryusuke Minami, 16 ans. La classe que dégage ce gars inspire un sentiment de curiosité chez Yukio et décide d'en savoir plus à son sujet. Notre héros retrouvent ainsi Ryusuke peu après et apprenent que lui et soeur, Maho, reviennent des States et y ont vécu presque toute leur vie bien qu'ils soient originaire de Tokyo.
Finalement, Koyuki n'avait pas tort vis à vis de Ryusuke, ce mec est pourri jusqu'à la moêle : radin, bourreau des coeurs et enfoiré de première... Et pourtant, c'est ce qui fait son charme ! Mais le plus important reste que Ryusuke est guitariste dans un groupe appelé Serial Mama et qu'il a des contacts dans le meilleur groupe de Rock US du moment : les Dying Breed. Alors que Yukio et des amies viennent les voir en concerts, Ryusuke annonce la fin de Serial Mama. De là nait alors une rivalité entre Ryusuke et Eiji, l'autre guitariste du groupe. Les deux se sont jurés de monter le plus grand groupe de rock du Japon !
De son côté, Koyuki est aussi en rivalité avec un de ses cousins qui a tout pour lui et rapporte médaille et coupe chaque semaine chez lui, dans le nord est du japon. Ce dernier est lauréat d'un concours de piano. Ayant son orgueil, Koyuki s'invente guitariste hors-pair et sans s'en rendre compte, cela l'entraîne dans un long apprentissage de l'instrument à six cordes... C'est avec son prof de natation Saitou Kenichi, lui même guitariste, fan des Beatles (et surtout complètement pervers!), qu'il fera ses premiers pas, découvrira de nouveaux horizons dans la musique et obtiendra le respect de Ryusuke qui s'est déjà entiché du bassiste virtuose : Taira Yoshiyuki.
De son côté, Eiji choisi une voie plus simple dans laquelle il est certain de se retrouver sous les feux des projecteurs le plus rapidement.
Bon, comme vous vous en doutez, Koyuki rejoindra bientôt le nouveau groupe de Ryusuke sous les conseils de Maho Minami. Beck (Mongolian Chop Squad aux Etats-Unis) naît et ensemble débuteront les galère en tout genre.
Tout au long de l'histoire nous suivons donc la vie de ce groupe, son ascension, mais plus particulièrement celle de Tanaka.
Petits concerts, premier album, problèmes de drois d'auteurs, de label, piston, expériences, unstruments, musiques, argent... Si on dénote un réalisme relatif, les points principaux marquant la difficulté de se faire un nom dans un monde vaste que celui de la musique sont présent. Cela permet au scénario de s'améliorer au fil du temps et de garder un intérêt constant. Les méli mélo de la vie quotidienne ne sont pas délaissés. Le relationnel entre les personnages prend ainsi tout son sens (je ne vous fait pas de dessin, on trouve donc amour, amitié, trahison, rivalité etc.).
D'un point de vue esthétique, le graphismes global fait dans la sobriété. Protagonistes et décors dépouillés, ou dirons-nous plutôt, faiblement détailler (le noir et blanc y joue pour beaucoup car les couverture quant à elles rendent grâce au dessinateur) sont le lot de ce manga, mais heureusement, ce faible niveau de détail n'empiètent pas sur un character design plutôt soigné. C'est surtout les instruments de musiques qui sont mis en avant d'un point de vue graphique. Les guitares sont dessinées avec minutie pour le plaisir des puristes des instruments à cordes pincées (On retrouvera Fender Stratocaster, Telecaster, Gibson LesPauls, Basse Musicman, Ibanez, Gretsch White Falcon, Gibson SG...). Etant avant-tout un manga basée sur la découverte du Rock par un jeune garçon, il n'est pas étonnant de voir des Rock Star existante ou ayant existée retranscrites dans le style d'Harold Sakuichi. C'est avec grand plaisir que l'on aperçoit entre autre Flea (Red Hot Chili Peppers) ; Angus Young (AC/DC) ; Sid Vicious (Sex Pistols) ; Brian Jones, Mick Jagger et Keith Richards (The Rolling Stones) ; Tom Morello (Rage Against The Machine/Audioslave) ; Kurt Cobain (Nirvana) ; John Lennon (The Beatles). La culture rock suinte à chaque page et invite le lecteur a améliorer sa culture musicale d'une manière on ne peut plus sympathique ! Un ludisme à toute épreuve aussi bien pour les puristes que les incultes complet désireux, comme Koyuki d'en apprendre touours plus sur la musique qu'ils aiment.
Les scenes de concerts sont intenses et oblige le lecteur à se mettre en condition par la musique et de s'imaginer lui même dans le public ou sur scène. On regrette cependant qu'elles soient généralement un peu courte.
N'ayant pas pu me procurer légalement des épisodes de l'animé, je ne pourrais vous en faire la critique, mais les images et gif que j'ai croisé promettent du meilleur lors de ces scènes. D'ailleurs, l'apparition du manga en animé a obliger la production à faire appel à de nombreux groupes de rock japonais afin de confectionner une bande son adéquate. Pas moins de trois CD (BECK, KEITH et Greatful Sound Tribute To Beck) regroupant les morceaux de l'animé sont en vente.
Le premier reprend les chansons que l'on peut entendre dans l'animé (21 pistes). Celles-ci sont tirés de versions originales jouez par de vrais groupes japonais, de reprises de groupes connus (The Beatles, Sly and The Family Stone) ou sont carrément inédite (comme une chanson de Chiemi Kuniyoshi ou un rap de Chiba – le second chanteur de Beck). Les doubleurs japonais se prêtent donc au chant et globalement ça rend assez bien. Les version originales des groupes japonais sont regroupées dans KEITH (le deuxième OST – 12 Pistes). Là on peut apprécier à sa juste valeur ce que le Japon peut offrir comme Rock actuellement ou tout simplement, entendre en entier ce qu'on a droit sur le premier OST.
Et enfin, Greatful Sound Tribute to Beck est sensé être un concentré de morceau de différents groupes japonais qu'aurait pu faire Beck.
Concrètement, ces albums contiennent principalement des titres résolument moderne. Les guitares avec de grosses distos se confondent avec de petits arpèges, des riffs enlevés de basse, un rapprochement entre rap et rock résultant à une sorte de Métal/Reggae proche du Ska (sans cuivre)... Un ecclectisme musical appréciable mais parfois limité. On aura beau défendre le Rock japonais, si on sent parfois les influences des années 60 des US et de la Grand Bretagne, on a droit à de la pure musique japonaise parfois matinée de techno ! Certains titres sont inbuvables, quand dautres peuvent être carrément géniaux. A l'image de la reprise des Beatles, I've Got A Feeling, de Journey du groupe Goofy's Holiday ou encore de l'opening de l'animé, Moon On The Water de Beat Crusaders.
Ces trois chansons m'ont littéralement mystifié ! I've Got A Feeling débute par une partie acoustique parfaitement interprétée par ce qui doit être Koyuki. Puis les autres instruments entre un par un. D'abord la batterie qui ouvre avec un break de folie. Puis la basse et enfin la guitare de Ryusuke qui t'envoi un solo de deux minutes !! Goofy'S Holiday – Journey se base sur un riff simple mais particulièrement efficace qui rappel certaines sonorités comme Rage Against The Machine/Audioslave. Un pur moment de défonce, simple à jouer et qui invite à sauter dans tous les sens ! Et enfin Moon On The Water est pour moi THE COUP DE COEUR !
Il y a trois versions dans les OST : celle jouée par les Dying Breed sur laquelle Koyuki chante, celle jouée par Koyuki et Maho Minami et l'originale de Beat Crusaders. La meilleure reste celle des Dying Breed, la partie vocale étant bien mieux maitrisée que les deux autres à mon avis. Même si la chanson se base sur des accords plutôt simple, l'intro est particulièrement bien trouvée et la mélodie est réellement indescriptible !! Je suis vraiment jaloux de Beat Crusaders d'avoir fait cette chanson, j'aurais tellement aimé en être l'auteur ! Et comme si c'était pas assez, les paroles sont particulièrement bien trouvée. Si le sujet n'est pas original, il y a assez de poésie et d'implicite pour me combler ! Une chanson acoustique sans fioritures : vous ne pouvez vivre sans l'écouter au moins une fois !
Si vous avez l'opportunité d'écouter ces OST alors que vous vous êtes mis au manga, n'hésitez surtout pas. A moins que vous préfèreriez limage personnel que vous avez de Beck et des groupes qu'ils rencontrent tout au long de leur périple. Le principal avantage de ces OST, outre que de nous donner une idée précise de la partie sonore du manga, est l'ouverture qu'ils nous offrent sur le Rock au Japon. On reste bien trop souvent dans les stéréotypes de la J-Pop (ayumi hamasaki) et du J-Rock (X-Japan, L'Arc En Ciel, Dir En Grey...) et on a du mal à se dire que la musique au japon peut échaper à tout ça. En france, vu que l'animé ne passe pas sur nos chaines, les OST sont difficilement trouvable mais avec le Tome 9 vous avez droit à un CD bonus comprenant quelques titres de groupes japonais de Rock/Punk/Electro/Ska qui donne déjà une bonne entrée en matière.
Harold Sakuichi et sa bande ont donc vraiment créer le premier manga à lire et à écouter !
En bref, ce manga apporte premièrement une vision épurée de la montée d'un groupece qui peut conforter des vocations ou les anéantir. Pour peu que vous soyez attaché au milieu du rock, Beck devrait vous ravir. Mais mon but serait plutôt de convertir les rétiscents à la musique rock, ou à la musique en générale de s'ouvrir à travers un média autre que la musique. Les seuls défauts que j'ai trouvé sont d'abord le prix. Sept euros 50 le volume, ça peut rebuter. Surtout que si on ne lit pas les 4 premiers tomes d'affilées on peut s'endormir car c'est à partir de là que Koyuki rentre dans Beck et sa phase d'apprentissage, si elle permet de mieux comprendre la suite, tourne parfois au ralenti. Donc si autour de vous quelqu'un est prêt à investir avec vous dans cette série ou si quelqu'un dans votre entourage la lit, faites moi le plaisir de vous y mettre de ce pas !
Sur ce bonne lecture à tous... Je vous laisse entre les mains de Beck – Mongolian Chop Squad avec Taira, Chiba, Saku, Ryusuke et Koyuki !
Pis comme je suis généreux, je vous file des liens vers des sites de fans français et anglais de Beck :
Beck MCS
Beck Number One
Beck Fan
Beck Download
Beck FanSite
Le truc qui n'a rien à voir :
Je suis pas très portant sur la pub mais s'il vous prend l'envie de faire des papouilles à un ours virtuel vous pouvez aller sur ce site : BearsLife Je suis même pas inscrit mais comme je sais que certaines personnes de mon lectorat aiment cajoler des moutons virtuels alors pourquoi pas un ours... Le principe est tout aussi con de toute façon !!



