Né à la fin des années 50, c'est vers 1980 que ce nouvel art moderne prit enfin son véritable essor jusqu'à sa démocratisation bénéfique ou non (c'est selon) vers le milieu des années 90. Je veux bien vous parler d'une de mes plus grandes passions : le Jeu vidéo.
Retournons donc ensemble à l'époque des mythiques Pong, Space Invaders, Pac Man, puis plus tard, Mario, Link, Donkey Kong, Sonic... Depuis ce qu'on appel "l'âge d'or", le divertissement vidéo ludique n'a cessé de s'étendre et d'envahir les milliards de foyers à travers le monde entier jusqu'à devenir une industrie aussi importante que le cinéma ou même la lecture !
Des Amstrad, Atari et autres Consoles/PC ont vu naître les premiers chef d'oeuvres tout en gardant le marché de l'arcade et autres expérimentations dans le monde nouveau du jeu vidéo (Virtual Boy, prolifération et amélioration des bornes d'arcade, Internet et le jeu en réseau...).
Les géants tel qu'Atari ou Nintendo sont rejoints par Sega durant les plus belles années que connurent les joueurs, et ce jusqu'à l'arrivée de Sony et Microsoft, les deux arrivistes non expérimentés, mais plein de fric... Mais force est de constaté que ce qu'à entrepris Sony et le projet PlayStation de Nintendo n'a pas été vain pour la prospérité et l'amélioration du jeu vidéo.
A la belle époque de 1980 jusqu'à l'arrivée de la 3D, le jeu vidéo n'était pour la plupart qu'un divertissement, présenté sous les formes les plus diverses avec pour mots d'ordre : imagination, aventure dépaysement et fun. Mais ces mots furent, déjà en ce temps, dépassés par une profondeur certaine et qu'on n'aurait jamais imaginé. Il est clair qu'aujourd'hui, ce qui fut un simple divertissement a atteint une dimension qui va bien au delà de l'état qu'on lui confère habituellement, le jeu vidéo est un art.
Puisant dans différents centre d'intérêts déjà bien implantés tel la littérature, la philosophie, la mythologie ou le cinéma, les jeux interactifs sont pour nombre de personnes un art et un monde à part entière de tout ce qui est considéré comme tel.
Comme l'a dit je suis plus qui, "le jeu vidéo a une originalité non négligeable, l'interactivité", de cette façon, réaliser un jeu vidéo est plus difficile que de réaliser un film ou quoi que ce soit d'autre et rassemble tout les corps de métier. Programmeur, scénariste, dessinateur (environnements, personnages, accessoires...), têtes pensantes... Tout ça pour imaginer et rendre réel une façon de jouer, le gameplay. L'interface, les possibilités d'actions, la prise en main...forment le gameplay. Trouver le savant mélange qui apportera gloire et réussite est un travail de recherche minutieux qui continu tout au long du développement du produit... Un développement qui peut prendre facilement plusieurs années de travail, les nouvelles idées bourgeonnent, des béta testeurs sont désignés pour donner leur avis sur le jeu etc. Chaque jeu s'inscrit dans des genres différents comme au cinéma (sauf que c'est encore plus divers dans le JV) : Baston, First Person Shooter, Action, Aventure, Role Playing Game, Infiltration etc.
Malheureusement, les bons pensant ne trouvent pas juste d'attribuer le rang "d'art". Pourquoi ?
Pour une raison simple, c'est tout à fait paradoxal : Le jeu vidéo n'est-il pas une source d'inspiration pour la 7ème forme artistique ?
Ce qui est devenu une véritable culture, un univers, et qui sert un art ne devrait-il pas à son tour en être un ?
Les joueurs vous le diront, l'expérience vidéo ludique de certains titres vaut n'importe quel Spielberg, n'importe quel Peter Jackson, n'importe quel Jackie Chan... Certains créateurs atteignent une ampleur presque irréelle, qu'on n'aurait jamais imaginé voir venant d'un simple divertissement, dans lesquels l'explosion sentimentale et l'apparition de réflexion métaphysiques ou philosophiques n'auraient pu trouver meilleur forme dans aucune musique, aucun film, aucun livre, aucune peinture. Je veux dire par là que jouer avec un personnage peut nous faire s'identifier à lui, nous lui accordons un sensibilité particulière, à lui et à ses compatriotes ou ennemis, chose qui est certes réalisable dans d'autres médias ou art, mais sous une forme peut être moins prononcée...
Il faut absolument se rendre compte des stéréotypes dont nous sommes abreuvés par les médias au sujet du jeu vidéo. Entre la cause non justifiée de meurtres, le ramollissement des cerveaux et le désir de destruction, je peux vous dire que j'en ai vu des préjugés péjoratifs... Je n'ai malheureusement pas ce qu'il faut pour les bannir, je veux seulement ouvrir les yeux des personnes qui croient encore tous ce qu'on leur dit à la TV et se permettent de juger des personnes, des choses, qu'ils ne connaissent pas. La critique sans connaissance est certes une preuve de connerie, encore faut-il que les personnes qui en font preuve s'en rendent compte pour la corriger.
Il est vrai que lorsqu'on dévore des gros titres tel que "Le jeu vidéo tue" en dénonçant l'interactivité malfaisante et la violence que les jeux comportent on passe à côté de la véritable essence du jeu vidéo, celle que cherche le vrai Gamer à proprement parler. On ne montre que des images de jeux en réseaux dans lesquels tuer les méchants est le seul but, ou encore les pseudo-jeux gores qui pourraient martyriser nos gentilles tête blondes par l'effusion d'hémoglobine virtuelle... tout en rejetant la faute au Jeu Vidéo, sans que les parents prennent finalement conscience que c'est à eux de surveiller les images que voient leur gosse ! Certes chaque art a eu sa période de censure, mais celle que subit le jeu vidéo devient presque insultante.
Quand on arrive à nous traiter d'arriérés mentaux parce qu'on se ramollit le bulbe devant des jeux vidéo voudrez-vous vraiment qu'on reste à acquiescer comme des nazes et à continuer de subir les assauts de la mauvaise image qui circule sur ma passion, notre passion.
Je pense au contraire être assez ouvert pour avoir compris pas mal de choses à la vie (même si la remise en question est de rigueur et je m'aperçois que certaines parties de mon chemin n'ont pas abouti comme je le voulais, mais ce n'est pas un prétexte pour justement ne pas aller de l'avant et éviter les erreurs du passé), et le jeu vidéo a été un moyen vers cette compréhension... Un exemple ? (Je précise que ce qui suit n'est pas représentatif de ma pensée).
"Tout les hommes [...] avaient la même obsession de possession...un désir égoïste et atavique de se transmettre leur semence...A vous rendre malade. Chaque être vivant de cette planète n'existe qu'en vue d'une propagation instinctive. Nous sommes ainsi programmés. Et c'est ça la cause de la guerre."
Ne trouvez-vous pas matière à réfléchir dans ces phrases ? Elles sortent pourtant d'un jeu... Et pourraient très bien sortir d'un livre, d'un film, d'un art...
Le jeu vidéo n'est que le reflet de notre société et traitent parfois de problèmes actuels incitant le joueur à la méditation. L'origine étymologique latine du mot ludisme ne veut pas simplement indiquer le divertissement, mais l'éducation. Il est temps que le monde comprenne que les jeux transportent des messages initiatiques, des points de vues. Pourquoi encore bannir cette source inépuisable de connaissances nouvelle ? Pourquoi répudier ce miroir ?
On va terminer sur un argument, certes puéril, mais après tout, pourquoi pas...
Le dernier Van Damme c'est du cinéma, le cinéma est un art... Le dernier Van Damme c'est de l'art ? Je sais très bien que le jeu vidéo n'est pas fait que de réflexion, mais aussi de défouloir, les considérer comme oeuvres artistiques sera plutôt mal placé, mais après tout, si le dernier Van Damme c'est de l'art alors j'ai du mal à croire qu'on ne considère pas les Final Fantasys, les Metal Gears, Les Icos, Les Okamis, Les Killer7s... comme des oeuvres !
Mais il y a une dernière chose à ne pas oublier. Outre les jeux et les joueurs, c'est aussi aux journalistes de cette branche de ne pas contredire ce que j'ai avancé, c'est à eux de faire honneur à cette passion... C'est bien beau de prôner haut et fort ses idées, mais c'est pas en écrivant un torchon à côté réalisé en 15 minutes chrono ou en faisant le pitre derrière une caméra que les arguments auront du poids. Ces personnes, je l'espère, se reconnaîtront...
PS : J'ai essayé de pas trop polluer cet espace avec cette passion, mais finalement, pourquoi ne pas en parler ? Ca m'évitera de baratiner tout le monde avec ma pseudo science dans le milieu ! :P