Bizarre. Je viens d'écrire le titre de cet article et cela fait près de deux minutes que je n'ai encore rien gratté. Pourtant le sujet est plus qu'une source d'inspiration. Le silence est d'or mais on ne peut passer à côté d'un tel évènement historique pour le cinéma et plus largement pour la science-fiction.
Sorte de St Graal pour les uns, ou d'une simple banalité pour les autres, peu de gens peuvent néanmoins affirmer ne pas connaître ces deux mots désignant la plus grande saga du cinéma.
Star Wars c'est un succès interplanétaire, des milliards de dollars, des milliers de produits dérivés et surtout des millions de fans !
Si j'adule complètement l'½uvre de George Lucas, je ne me suis jamais considéré comme fan. Il suffit de voir jusqu'où ils peuvent aller pour assouvir leur passion, et bien que l'envie pressante de vider son compte en banque pour s'acheter des tonnes de jouets à l'effigie des protagonistes ou encore de dormir devant un cinéma afin d'avoir sa place avant tout le monde, d'être présent, de montrer sa foie en la force... L'arrivée d'Episode III le 18 Mais dernier marque la pseudo-fin de l'épopée galactique la plus envoûtante qu'on ait créée et met ainsi un point d'honneur à ces rêves de tarés – mais ne désespérons pas, Star Wars c'est à la base trois trilogie, le rêve peut encore perdurer, l'espoir fait vivre... Justement, ce « presque fanatisme » comme je l'appel durera encore longtemps, aussi longtemps que marcheront mes vieilles VHS et mes DVD. Star Wars c'est douze ans de ma putain de vie, c'est cette magie, cette histoire, ces personnes... jamais je n'aurais trouvé un tel refuge cinématographique ailleurs quand dans cette légende. Ceux qui me connaissent un tantinet comprendront facilement que Star Wars est au cinéma ce que Metal Gear Solid est au jeu vidéo.
Au-delà de cet avis personnel, Star Wars est une pure source de référence en tout genre. C'est simple, tout est dans SW ! Idéologie, politique, sensibilité, réflexion religieuse et problème de la discrimination plus qu'abordé ... Lucas dépeint les catégories sociales, les idées actuelles dans un contexte futuriste, où plus exactement passéiste – A long time ago in a galaxy far, far away. Evidemment, à 4 ans, lors de mon premier visionnage de la trilogie A New Hope, The Empire Strikes Back et Return Of The Jedi, on ne « voit » pas ce genre de choses... Mais en surface la prophétie de l'élu de la Force s'ajoute à un univers magnifique (certainement le plus gigantesque qui puisse exister tout art confondu), à une bataille sans relâche du bien contre le mal... C'était bien la première fois que des grosses bêtes poilues ou que des espèces de lézards côtoyaient les humains, que des droïdes demeuraient des compagnons avec leur vraie personnalité, leur comique, ou encore des vaisseaux spatiaux abusant de la vitesse lumière, s'explosant à coup de lasers.
Les effets spéciaux éblouissaient mon esprit de gosse innocent alors qu'à l'époque, Terminator offrait des effets plu qu'incroyable, ceux de Star Wars resteraient pourtant à jamais gravés. Et encore aujourd'hui, les débuts d'Industry Light And Magic (ILM), malgré les avancées techniques dont ils ont fait preuve ces 30 dernières années, ne prennent aucunes rides en version originale. C'est simple : sans Star Wars, le cinéma spectaculaire n'aurait fait aucune avancée et on serrait encore à mettre des caméras sur des skateboards et si ça se trouve, le jeu vidéo n'existerait pas sous la forme qu'on lui connaît aujourd'hui ! Ca paraît invraisemblable et pourtant, c'est Lucas qui a fait grandement avancer les choses dans le 7ème et autres arts nouveaux.
Je pourrais continuer longtemps à encenser l'½uvre d'un américain en quête de détruire le capitalisme hollywoodien et d'indépendance, mais on a très bien compris où je voulais en venir : Star Wars ça butte sur tous les points, émotionnellement, moralement et cinématographiquement. Revenge Of The Sith est un de plus fervent défenseur de cette richesse intrinsèque. Il n'est peut être pas le meilleur de la série mais approche de la perfection, un finish i,croyable à toute un mythe qui se place comme une référence absolue pour ce qui est de la transmission d'émotion, on n'aurais pu faire meilleure fin... Cette magie m'arracha bien évidemment une larme de joie ou de tristesse, peu importe, elle combinait certainement ces deux facettes. On a beau savoir ce qui se passera, on veut éviter l'inévitable, et quand la tentation noire se fait trop forte, les frissons parcourant dans tous les sens mon corps frêle et faible, le glas retentissant signifiant le basculement d'un des personnages les plus impressionnant et fascinant jamais vu, on en viens finalement a se rappeler les paroles fatidique de Vader à son fils « il est inutile de résister ». Le côté obscur s'ouvre à nous définitivement, nous y sombrons avec joie et tristesse à la fois, est-ce le bien ou le mal ? Peu importe, cela fait du bien de relâcher notre peine, notre colère, notre compassion... Rien que d'en parler, les souvenirs remontent, non il ne faut pas relativiser, il faut rester dans le trip... Oui nous sommes dans le « Dark side of the Force » mais putain de merde qu'est-ce que ça fait du bien !!
Comme je l'ai dit à ma mère en sortant de la séance en VO : c'est pas tous les jours qu'on ressent quelque chose d'aussi fort à travers du cinéma, il faut en profiter. Je sais ça n'a rien de poétique ni de vraiment intelligent mais c'est tout de même une vérité générale. Trop peu de films nous font ressentir quoi que ce soit seulement par du son et des images, c'est une force qu'on ne peut enlever à Lucas pour Episode III.
Dans sa globalité le film est magnifique. Une fois de plus les prouesses de ILM pour cet épisode rendent Revenge Of The Sith à la première place des films les plus réussis côté effets spéciaux. Yoda a l'air plus vrai que nature, les décors sont détaillés au millimètre et une fois de plus, les storyboards n'ont pas été de trop pour promouvoir cette somptuosité. Les batailles sont encore plus mouvementées et alliés au son, l'ambiance devient grandiose. Le travail réalisé sur les explosions et les mouvements des personnages en images de synthèses est totalement bluffant. Tout cela n'était pas de trop afin de retranscrire la période de guerre dans laquelle se déroule Episode III. Les réalisations au niveau du design de Doug Chiang sont une fois de plus incroyables et on soulignera l'implantation d'éléments pré-Episode IV replaçant le contexte technologique. En effet, si les batailles dans la trilogie I, II et III sont bien plus impressionnantes, elles pouvaient malheureusement porter à confusion vu la qualité technique. Il ne fallait donc pas oublier de recadrer tout cela avec l'apparition de prototype de vaisseaux qui donneront ceux que nous pouvons voir dans la trilogie des années 70 (les vaisseaux de la Incom Corporation pour les connaisseurs), ou encore la modification des chasseurs Jedi devenus les Tie Fighters si connus. Le film gagne donc une grande intensité dans l'action si bien qu'il n'y a AUCUN TEMPS MORT. Le rythme est continuel et on aurait certainement plus aimé Episode I et Episode II si leur déroulement suivait un plan stable.
Mais quelque soit l'épisode ou la trilogie, il y a un point qui ne changera jamais d'un point de vue de la qualité : la musique ! Sortant tout droit du génie créateur John Williams, il doit une grande partie de sa renommée à Star Wars. Le meilleur compositeur de ces dernières décennies a certes réaliser de nombreuses bandes originales toutes plus merveilleuse les unes que les autres avant Star Wars, mais c'est bien cette saga qui lui offrit l'Oscar de la meilleur BO. Pour Episode III, JW marque un revirement vers le noir. Le ton est donné dès les premières notes du film, les tambours battant, on retrouve les timbales d'Episode IV matinées de l'ambiance d'Episode VI, glauque mais comme d'habitude géniale. On retrouvera donc les accords des Force Theme, l'Imperial march ou encore le Love Theme d'Episode II, mais dans sa globalité, les morceaux inédits à cet épisode fusent et rejoigne le panthéon des meilleurs musique de film. Si Episode I incluait des ch½urs de Soprano et des Barytons pour Return Of The Jedi, dans Revenge Of The Sith les deux sont combinés dans un rendu littéralement innommable. Le tournant engagé avec la Menace Fantôme se retrouve intégré au très sombre côté obscur de John Williams (Duel Of The Fates) pour un rendu magnifique que l'on appréciera pleinement dans Anakin's Dark Deeds ou encore Anakin Vs Obi-wan. Toujours dans cette noirceur absolue, Williams offre son génie dans un thème qui apparaît à un moment mémorable du film, il s'agit bien entendu de Padmes Rumination. Ces voix intenses et faibles à la fois, ces silences parsemés d'une mélodie perçante à la limite de l'électronique et cette basse continuelle envoûtent nos âmes durant 1 minutes et demi de pur bonheur. Puis on laisse place à la symphonie, la mélodie grave jouez par les cordes, puis accompagnés bientôt des instruments à vent... L'émotion qui s'en dégage rend la scène à l'écran si crédible, ça en est ahurissant. L'expérience de JW a permis de finir en apothéose la saga Star Wars en offrant ce qu'il peut y avoir de meilleur au niveau sonore : bordel c'est divin. J'ai lu un jour ceci : « Réaliser une composition devant coller précisément à une action relève du génie ». Jamais elle ne connu meilleure signification que dans la saga Star Wars à travers la musique de John Williams.
Avant de passer à la dernière et longue ligne droite de cet article j'aimerais saluer le travail, toujours en raccord avec le son, de Ben Burtt et de son équipe de bruiteur. Ce mec est un vrai magicien, à partir de rien il réalise toute sorte de bruitages. Il module et passe sur une même bande plusieurs enregistrement, utilise des ustensiles en tout genre afin de réaliser ses projets sonores, c'est tout bonnement incroyable. Les sabres lasers, les blasters, les cris des créatures, les rugissements des moteurs des vaisseaux... Des bruits qui resteront à jamais gravés dans la tête de chacun des spectateurs de Star Wars. Ajouter à cela les accessoires et vêtements « intergalactique » et vous obtiendrez un « tout » irrésistible au commun des mortels.
Concernant le déroulement scénaristique on retrouve une configuration habituelle de la saga. On est directement mis dans le bain par des scènes très mouvementées puis le scénario se met peu à peu en place. On refait connaissance avec d'anciens compagnons, les véritables archétypes des héros mythologiques mais pourtant si attachant et fascinant...En surface, cela reste un film « ordinaire » mais qui explose littéralement la concurrence en matière de Space Opera... Mais intrinsèquement, les influences philosophiques, mythologiques et psychologiques font transparaître de nombreux messages réfléchis rajoutant ainsi de la profondeur à toute la saga.
Tout d'abord il y a le thème sans cesse repris : Le Choix. Matrix avait dernièrement remis le couvert avec dignité sur le fait que toute notre vie n'est qu'une suite de choix, de dilemme. Dans Episode III, ce sujet est illustré par le passage d'Anakin Skywalker du côté obscur de la Force afin de devenir Lord Vader. Si vous avez vu le reste de la saga, en regardant Episode III nous remarquons tant de moment pendant lesquels une simple action pourra désigner la suite des évènements et influera sur le sombrement de la galaxie dans le côté obscur. « Et s'il avait fait ça... » ; « Pourquoi n'a-t-il pas réagi comme cela... ». On se rend compte que nos choix sont primordiaux et régissent notre futur, mais nos actions ont finalement des conséquences au-delà de notre existence. Bien réfléchir avant de réaliser une quelconque action ne doit pas être anodin.
Se joignant à l'idée de choix, la distinction du bien et du mal reste le point central de l'enseignement de cet Episode III. Pendant plus de deux heures nous suivons les agissements d'Anakin. Ces derniers l'ont poussé à rejoindre le côté obscur de la Force, bien qu'il soit un Jedi, son désir continuel de pouvoir et son amour pour Padmé l'a perdu. Il n'a su faire la distinction entre le bien et le mal de son point de vue. Si son virement peut paraître rapide, il est finalement progressif car le côté obscur l'attend depuis bien plus longtemps qu'on ne le pense. Son insouciance a eu raison de lui, des deux côtés il s'est fait manipuler : le manque de confiance que lui portait le conseil des Jedi fut décisif, les arguments de Palpatine étant trop tentant. N'importe quelle personne ayant un quelconque penchant pour le pouvoir absolu n'aurait su faire la balance et se serait ranger du côté du « plus fort ». Ce type de lavage de cerveau nous le subissons quotidiennement sans pour autant s'en apercevoir du premier coup. 3fait pas ci, fait pas ça »... On nous dis qui croire, quoi penser. On a beau se dire que nous sommes unique, notre pensée l'est également, nous sommes assez grand pou réfléchir par nous même, mais nous sommes tous naïfs et en sommes victimes à différentes échelles.
L'influence du troisième Reich avoué par Lucas pour la création de son Empire nous lance dans une réflexion sur le principe de la discrimination raciale. Le combat des Siths, vaniteux, contre les Jedi, pacifistes, expose la haine de ses semblables arrivant à la finalité dramatique, au massacre. L'aspect insensible des troopers (les SS de l'espace si je puis dire) et la peur qu'impose les seigneurs Sith ainsi que la volonté d'expansion de l'empire (« Espace Vital »)... Tout nous rappel cette période funeste de notre histoire. Nous retiendrons également l'inspiration de la Rome Antique concernant la politique dans Star Wars... La République devenant ainsi l'Empire par un stratagème ultra étudié.... Il n'y a pas de doute, l'épopée qu'est Star Wars est le simple reflet romancé du monde d'aujourd'hui et cette FORCE est décuplée dans Episode III jusqu'à atteindre son apothéose sur une des meilleures fin du cinéma indépendant, et de la filmographie en général.
Si après ça vous n'avez pas compris que ce point final est une tuerie, c'est que vous êtes atteint d'une maladie chronique incurable, il ne vous reste qu'à vous suicider ou juste éviter d'ouvrir la gueule !
Sans Star Wars et Lucas, le cinéma aujourd'hui ce n'est RIEN, rien que pour cela, le respect est de rigueur. Certes cela peut paraître commercial à souhait, mais si ça l'était vraiment, Episode III ne m'aurait pas autant émerveillé.
Musique écoutée pendant le recopiage de cet article :
John Williams – A New Hope And Credits (13:06) Episode III
John Williams – Anakin's Dark Deeds (4:11) Episode I
John Williams – Qui Gon's Noble End (3:50) Episode III
John Williams – Padmes Rumination (3:23) Episode III
John Williams – Luke And Leia (4:35) Episode VI
John Williams – The Arrival At Tatooine (4:06) Episode I
John Williams – Love Theme (5:33) Episode II
John Williams – The Training Of A Jedi Knight (3:08) Episode V
John Williams – The Meadow Picnic (4:14) Episode II
John Williams – The Droid Invasion (5:16) Episode I
John Williams – Inner City (4:16) Episode IV
John Williams – Imperial Attack (6:19) Episode IV
John Williams – Yoda's Theme (3:29) Episode V
John Williams – Han Solo And Princess Leia (3:28) Episode V
John Williams – Revenge Of The Sith (7:37) Episode III
John Williams – He Is The Chosen One (3:55) Episode I
The Clash : The Clash UK Album - Combat Rock Album (bah ouais faut changer un peu quand même !)
John Williams – Star Wars Episode III OST Complete



